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réseau d'échanges et de pratiques alternatives et solidaires

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Compagnonnage Alternatif et solidaire

Ouvert à des personnes qui souhaitent mûrir un projet ou simplement s'évaluer au contact de la réalité et de l'expérience d'autres qui ont fait le chemin avant eux, le compagnonnage est une sorte de "tour de France" dans les entreprises du réseau REPAS, destiné non à apprendre un métier mais à transmettre des valeurs au cour du projet coopératif.

Organisé une fois par an de février à juin, les temps alternent entre immersions individuelles, groupes action et regroupements.

Trois mois, c'est peu de temps pour ouvrir d'autres possibles, transmettre curiosité et courage, goût de l'initiative et sens des réalités. Néanmoins, à partir de cette sensibilisation, des idées et des projets "utopiques" peuvent trouver une réalité.

Ce compagnonnage alternatif et solidaire consiste en l'apprentissage dans l'itinérance : c'est partir à l'aventure, à la rencontre et s'enrichir d'expériences et de travail dans un réseau.

Consulter le programme et les modalités d'inscription

Petit historique du compagnonnage du réseau R.E.P.A.S.

Début 95, quelques entreprises et associations qui se connaissaient ou s'étaient rencontrées dans des réseaux "alternatifs" décident de mettre en place un fonctionnement leur permettant de se rencontrer deux fois par an sur le site de l'une d'entre elles. L'idée est de fonctionner en réseau informel, sans structure, sans permanent, avec une communication directe entre les acteurs : une rencontre au printemps, une autre à l'automne, avec un lieu et un thème de réflexion définis à la fin de la rencontre précédente. Les thèmes abordés sont variés : "quelle culture d'entreprise ?", "La dérive du sens initial", "l'argent", "la formation", "fondateurs, fondatrices", "relations groupe/individu", etc. Nous nous appelons R.E.P.A.S. : Réseau d'Échanges et de Pratiques Alternatives et Solidaires. Le mot "Pratiques" n'est pas vain.

Regroupement au Viel Audon Lors de la réflexion sur le thème de la "dérive", nous sommes amenés à parler de nos modes de recrutement et à observer que le recrutement par opportunité géographique ou compétence seule était souvent à l'origine de cette fameuse dérive observée vis à vis du projet initial. La question a donc été posée ainsi : "comment rencontrer de "futurs partenaires" plutôt que d'acheter de la compétence sur le marché du travail ?". Nous nous sommes aussi demandé si nous n'avions pas un devoir de témoignage pour encourager d'autres initiatives en leur faisant savoir qu'il est possible d'entreprendre autrement. En effet, nous sommes les uns et les autres sollicités par de nombreux porteurs de projets, des étudiants, des institutions, pour témoigner de nos expériences, mais nous manquons de disponibilité et de cadre pour pouvoir jouer ce rôle dans de bonnes conditions.

Ouvrir nos entreprises à des personnes et mutualiser leur accompagnement

L'idée est venue de proposer une sorte de "compagnonnage" dans nos structures à des personnes qui souhaitent mûrir un projet ou simplement s'évaluer au contact de la réalité et de l'expérience d'autres qui ont fait le chemin avant eux. Le principe est d'ouvrir nos lieux de travail à ces personnes et de mutualiser leur accompagnement dans le cadre d'un comité de pilotage.

Il a fallu résoudre les problèmes de statut, de couverture sociale, de rémunération des compagnons et donc trouver un cadre juridique pour accompagner cette activité. Nous avons créé une association (R.E.P.A.S.) et cherché dans quel cadre de la formation professionnelle faire reconnaître son fonctionnement. Nous sommes "atypiques" : nous affirmons ne pas être dans une démarche d'insertion sociale pour personnes en difficulté, nous ne formons pas à une qualification technique, nous nous adressons à des gens diplômés autant qu'à des gens sans diplôme, nous n'avons pas de critère d'âge ni de zone géographique d'origine.

Néanmoins, grâce à la compréhension de responsables administratifs, la première année, nous avons trouvé une mesure "expérimentale" et la Fondation Charles Léopold Meyer a apporté son soutien à un travail de capitalisation de l'expérience. Les années suivantes, nous avons du respecter quatre critères : "moins de 25 ans, non diplômés, ayant quitté le système scolaire depuis plus d'un an et originaires de Rhône Alpes". Ce cadre est très contraignant et exclut des personnes pour lesquelles le compagnonnage est vraiment adapté. Les mesures changent souvent et nous nous tenons au courant pour trouver un cadre plus adapté. En attendant, nous essayons au cas par cas, de trouver des formules pour des personnes motivées ne répondant pas à ces critères.

En 2000, le Secrétariat d'État à l'Économie Solidaire a sélectionné notre action et apporté son soutien dans le cadre de son "appel à projets".

Dix compagnonnages ont eu lieu de 1997 à 2006 qui ont permis d'accueillir 110 compagnons. La première session a duré 6 mois, les suivantes, 3 mois, avec prolongations contractuelles si motivation et possibilité. Elles ont lieu au printemps, de Février à Juin.

Le compagnonnage ne répond pas forcément à nos besoins de recrutement, mais très certainement à un besoin social

Les structures font un bilan très positif de cette action, sachant qu'elle ne répond pas forcément à nos besoins de recrutement, mais très certainement à un besoin social. Les compagnons font également un bilan positif, à court et à moyen terme ; on remarque que dans les trois premières sessions, sur 25 compagnons, 4 ont créé leur activité, 4 sont embauchés dans des structures du réseau, 7 sont salariés dans d'autres structures, 8 se sont engagés dans des formations qualifiantes, 3 sont encore en recherche.

Les dix sessions de compagnonnage ont créé un réseau d'anciens compagnons qui se rencontrent et se soutiennent mutuellement dans leurs projets.

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Et Si... ?

  • Si vous considérez que faire ensemble, partager, échanger, est compatible avec votre liberté individuelle,
  • Si revenu modeste et consommation raisonnée vous branchent plus que de vous « vendre au meilleur prix sur le marché du travail »,
  • S'il vous semble qu'on peut agir sur la désertification du monde rural et la déshumanisation urbaine,
  • Si vous pensez un jour créer ou participer à une activité qui privilégie l'utilité sociale sur le profit,
  • S'il vous semble qu'on peut aussi apprendre dans l'action, en travaillant avec quelqu'un qui est prêt à transmettre son expérience,
  • Si vous brûlez d'envie de vous inscrire dans l'action, le « faire » plutôt que les palabres et les discours,
  • Si l'aventure vous tente et que vous décidez de vous rendre disponible de février à juin, consultez le programme et les modalités d'inscription !

Paroles de compagnons

« Je dirais qu'il m'a permis de confirmer des choix... Je suis sûre aujourd'hui d'avoir envie de vivre l'alternatif au quotidien et ce, grâce aux personnes que le compagnonnage m'a permis de rencontrer... ce sont des gens qui vivent dans la réalité et non dans l'extrême. »

Nelle, compagnonne 2001

« C'est une formation alternative qui m'a servi de tremplin pour partir à la construction de mes rêves, croire que ces derniers peuvent être réalisables et complètement intégrés à la société de manière viable. »

Joakim, compagnon 1999

 « Le compagnonnage m'a tant apporté ! D'ailleurs, j'en parle à plein de gens. C'est une autre façon de travailler, de consommer, une autre forme d'apprendre qui m'a le plus marquée et puis, un réseau de connaissances avec lequel je peux échanger. »

Myriam, compagnonne 1998

« Ce fut une ouverture d'esprit, une approche concrète de vies différentes, un commencement de réponse à ma vision utopiste. »

Catherine, compagnonne 1997

« Le compagnonnage m'a permis de rencontrer, échanger, voir, vivre avec des gens qui avaient fait, chacun à leur façon, un choix de vie. C'est cette expérience d'engagement individuel et collectif que je souhaitais rencontrer. Le fait de cheminer avec d'autres compagnons, avec chacun ses recherches personnelles, permet d'échanger et d'affirmer ses attentes et désirs. »

Gwen , compagnon 1999

« C'est une formation à la culture coopérative, un apprentissage concret du comment travailler ensemble et j'ai glané des images de possibles. Le parcours permet de connaître l'existence d'expériences, et ça aide à entrer dans la sienne. »

Lena, compagnonne 2003

« A travers la coopération, on ose davantage prendre des initiatives car ça semble réalisable plus facilement et rapidement, et ça l'est effectivement. »

Vincent, compagnon 2003


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Le déroulement du compagnonnage

La sélection

L'information de la proposition de compagnonnage est diffusée dans les revues comme Silence, Les quatre saisons du jardinage, Village magazine, Alternatives rurales, Campagnes solidaires, etc. Des affiches et des plaquettes sont envoyées dans les coopératives biologiques de consommateurs, dans quelques universités, lycées avec option Gestion Protection de la Nature, les Maisons de la Nature etc. Des dossiers de candidature sont envoyés aux personnes qui en font la demande ; après avoir réorienté les candidatures inappropriées en comité de pilotage, les candidats sont invités à participer à un regroupement d'une semaine où comité de pilotage et compagnons font connaissance, chacun y exposant ses motivations et ses objectifs. Il est encore temps de se désengager si l'on considère que le compagnonnage ne correspond pas à ses attentes.

Les immersions

Le compagnonnage alterne immersions en entreprise, regroupements et groupes action. L'immersion est un temps de séjour dans une entreprise. La première immersion est d'un mois, les suivantes peuvent être de 15 jours à 1 mois. Il s'agit pour le compagnon de partager l'activité d'une équipe et de chercher, par un questionnement actif, à en comprendre le fonctionnement. Des notes sont prises, un bilan est fait sur place avec le tuteur et un compte rendu est fait au regroupement suivant.

Les regroupements

Ils ont lieu le plus souvent sur le site du Viel Audon, (centre de formation) dans le Sud de l'Ardèche et durent de trois à cinq jours. C'est le temps de la mise en commun des expériences, le temps des débats sur les thèmes qui préoccupent les compagnons. Ceux-ci peuvent avoir une part active dans le contenu de la semaine ; le comité de pilotage, représenté par deux à quatre personnes en permanence assure la structuration du groupe, les suivis individuels et amène des outils pédagogiques pour stimuler la réflexion. Il assure la continuité du suivi des compagnons et la communication avec l'ensemble du comité de pilotage. A la fin de chaque regroupement, un comité de pilotage regroupant un représentant de chaque structure accueillante fait le point et définit les orientations.

Les "groupes action"

Groupe actionDans les immersions, le compagnon a un statut de personne nouvelle, accueillie, accompagnée ; il ne vit pas une situation d'équipe, face à un projet. Le "groupe action" a été conçu pour permettre cette micro - expérience : on propose à un groupe de 5 à 6 compagnons de réaliser un micro-projet sur le site d'une des entreprises ; ils bénéficient d'un accompagnement technique, mais doivent assurer eux - mêmes l'organisation de leur travail, la répartition des tâches, et la gestion de leur vie quotidienne.

Le comité de pilotage

Il est composé d'au moins un représentant de chaque structure participante. Il se réunit plusieurs fois dans l'année pour étudier les candidatures, préparer la session suivante ou bien tirer le bilan de la session précédente

Le financement

Le compagnonnage est agréé pour les 18/25 ans comme action pré-qualifiante, dans le cadre du dispositif régional de la formation continue de Rhône Alpes. Un financement est prévu pour la formation permettant de rémunérer le travail de secrétariat, montage des dossiers, promotion, suivi administratif, temps de travail et frais de déplacement des formateurs du comité de pilotage. L'enveloppe est tout juste suffisante ; c'est plus un "dédommagement" qu'une "rémunération". Les compagnons ont droit à une bourse évaluée selon la durée de leurs expériences professionnelles. Nous étudions néanmoins tous les projets des personnes ou des groupes sortant de ce cadre précis (comme par exemple un groupe d'étudiants en fin de cycle qui ont fait un compagnonnage "à la carte").

Le projet pédagogique

L'initiative économique locale et sociale est un des enjeux majeurs de l'avenir de notre société en proie à la mondialisation de l'économie. Les multiples aides, lois ou mesures contre le chômage, la désertification ou l'exclusion peuvent certes la favoriser, mais elle repose avant tout sur les hommes et les femmes qui auront le dynamisme, la capacité d'élaborer des stratégies, d'animer des équipes, de convaincre, etc. Des programmes, oui ; mais d'abord des acteurs !

Le sens de la coopération et la perception de l'utilité sociale sont des leviers innovants pour imaginer un développement qui ne soit pas qu'économique

Le moteur de ce dynamisme ne sera pas le sens du profit qui lui, oriente vers la spéculation, la délocalisation, la robotisation et la spécialisation et qui ignore les valeurs sociales en privilégiant toujours le capital au détriment du travail.

Le sens de la coopération et la perception de l'utilité sociale sont des leviers innovants pour imaginer un développement qui ne soit pas qu'économique et pour bâtir une société équilibrée qui opterait pour la paix sociale plutôt que pour la "guerre économique". C'est là, aujourd'hui, un véritable enjeu de société.

Malheureusement notre système éducatif est basé sur la compétition, l'élitisme et le mépris du travail pratique. On en attend plus, la sécurité, la reconnaissance sociale que l'esprit d'entreprise et le goût de l'initiative. Le faible taux de création d'entreprises par de jeunes diplômés en témoigne. Ne constate-t-on pas que ce sont les petites entreprises qui sont créatrices d'emploi alors que les grosses sacrifient des emplois en masse car leur seul intérêt est financier ?

En tant qu'initiatives économiques expérimentées, relevant de la coopération, de l'utilité sociale et du développement local, nous nous sentons un devoir d'exemplarité et de formation vis à vis de jeunes désireux, comme nous, d' "entreprendre autrement".

Le compagnonnage que nous proposons n'est pas un stage de création d'entreprise ; il travaille en amont, à la revalorisation de comportements dévalorisés dans le système scolaire et qui sont pourtant ceux qui permettent d'innover, d'inventer, d'entreprendre : revalorisation de l'action, du faire, de l'esprit de partenariat (coopération) et d'un mode de développement respectueux des hommes et de la nature. Revalorisation de l'utilité sociale de l'esprit d'entreprise : agir dans l'économie, c'est aussi militer pour un monde différent et reprendre pouvoir sur un des vecteurs essentiels de la construction de la société.

Ouvrir d'autres possibles, transmettre curiosité et courage, goût de l'initiative et sens des réalités

Mais trois mois de compagnonnage pour transmettre ce message, c'est peu ! Nous en sommes conscients, mais il s'agit seulement d'une sensibilisation, d'ouvrir d'autres possibles, de transmettre curiosité et courage, goût de l'initiative et sens des réalités. La suite, c'est au compagnon d'en avoir l'initiative, soit en s'engageant dans une formation qualifiante, soit dans le cadre d'un compagnonnage individuel, d'un emploi ou d'une démarche de création d'activité.

Randonnée
Pourquoi compagnonnage alternatif et solidaire ? Parce que le compagnonnage évoque l'apprentissage dans l'itinérance : c'est partir à l'aventure, à la rencontre et s'enrichir d'expériences de travail dans un réseau.

Les entreprises

Le réseau se nomme Réseau d'Echanges et de Pratiques Alternatives et Solidaires. On y trouve l'expérimentation de nouveaux rapports sociaux au sein de l'entreprise, à forte dominante coopérative ou associative : coopératives de consommation, de production ou agricoles, associations loi 1901 et S.A.R.L.. Elles ont en commun l'expérimentation de nouveaux rapports au travail et à l'argent ; on y trouve aussi de nombreuses actions de développement local.

La participation des entreprises à l'action de compagnonnage est une démarche volontaire qui sous entend que l'on considère que l'entreprise intègre une dimension de formation au delà des besoins internes : un tuteur suit le compagnon, organise ses activités, fait un bilan et participe au comité de pilotage à l'occasion du regroupement.

>> Consulter la liste des entreprises qui participent au compagnonnage REPAS

Le centre de formation

Pour être reconnu, le compagnonnage doit être piloté par un centre de formation déclaré. L'Association le Mat, au Viel Audon, membre du réseau, tient ce rôle et assure par ailleurs l'hébergement des compagnons et du comité de pilotage sur son site pendant les regroupements.

Le compagnonnage REPAS est financé par

Région Rhône-Alpes Région Limousin L'Europe s'engage dans le Massif Central

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